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Nasik. Ville sacrée

La ville de Nasik, dans l’État du Maharashtra, à l’ouest de l’Inde et à 200 kilomètres de Mumbai, est traversée par la Godavari, fleuve sacré marqué par l’épopée du Ramayana. De ce fait, la ville est l’un des grands lieux de pèlerinage de l’hindouisme.

NasikTous les douze ans a lieu le Kumbh Mela. En réalité, ce rassemblement se déroule tous les trois ans, mais alternativement dans quatre villes différentes : Nasik, Ujjain, Allahabad et Haridwar. La prochaine Kumbh Mela aura lieu en 2007 à Nasik. Selon le mythe, les dieux, en se battant pour le posséder, auraient renversé quatre gouttes du nectar d’immortalité. Ces gouttes seraient tombées sur Terre à l’endroit où furent construites ces quatre villes.

Lors de cette cérémonie religieuse plusieurs millions de fidèles se jettent dans les eaux du fleuve selon le rite de l’Ardh Kumbh, qui consiste à descendre les ghâts (pontons) et à s’immerger. Il s’agit du plus vaste rassemblement religieux du monde, seulement dépassé par le Maha Kumbh Mela qui, lui, a lieu tous les douze ans (70 millions de fidèles en 2001).

Le ramkund est l’endroit le plus sacré de la ville. Il s’agit d’un bassin d’ablutions entouré de ghats où les pèlerins viennent se nettoyer de leurs impuretés. La dispersion des cendres funéraires dans son eau sacrée permet d’accélérer la moshka, la libération de l’âme.

Le fleuve permet de faire sa toilette, de laver non seulement son âme, mais aussi sa moto et son linge.

Au bord du fleuve, le marché est un lieu de vie très animé. On y vend toute sorte de produits, parfois à même le sol. Le sacré n’est pas incompatible avec le sens pratique. Le fleuve permet de faire sa toilette, de laver non seulement son âme, mais aussi sa moto et son linge.

À Nasik on n’aperçoit pas de taxi. C’est le rickshaw, véhicule tricycle, qui règne en maître et qui permet de se rendre au Kala Rama Mandir, le plus grand temple de Nasik et le plus sacré. Construit en pierres noires, on y rentre par quatre portes orientées face aux quatre points cardinaux. Un homme chante puis se prosterne face contre terre. Les rituels s’enchaînent sans que l’on comprenne bien qui dirige quoi et dans quel ordre. Tanay, un jeune homme qui visite le temple explique que l’hindouisme est compliqué : « L’hindouisme est vaste. Moi je ne sais même pas quel est le but. Mais je connais par cœur toutes les histoires. » Après tout, Les Vedas, textes de référence de l’hindouisme ne disent-ils pas qu’il faut faire des actions sans en attendre les bénéfices ?

> Article dans le magazine TEM Bombay, p64-65 (PDF)

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