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Nasik, capitale du vin indien

Après les vins australiens et californiens, voici le vin indien. Il y a peu, l’Inde et son milliard d’habitants était encore un petit pays sur la carte mondiale du vin. Mais depuis une dizaine d’années, des entreprises comme Sula Vineyards ont relevé le défi. Bienvenue à Nasik, capitale du vin indien.

Situé à environ 200 kilomètres au Nord-est de Mumbai, Nasik a toujours été connu pour son excellent raisin. Rajeev Samant, ancien ingénieur à la Silicon Valley, en Californie, a décidé d’y implanter Sula Vineyards, son entreprise viticole. « La région est située à 600 mètres au-dessus du niveau de la mer. Le climat est idéal », explique Ajoy Shaw, viticulteur à Sula Vineyards. Ancien gestionnaire d’hôtel, il a appris son nouveau métier en autodidacte sur internet avant de compléter sa formation par des stages en Californie et en France, à Bordeaux.

La récolte débute en janvier

La récolte, hivernale, débute au mois de janvier et s’étale sur deux à trois mois, laissant aux viticulteurs tout le temps pour cueillir l’ensemble de la récolte. « Tout est manuel. Nous avons 35 personnes à plein-temps et environ 40 à 60 personnes par zones qui récoltent 20 tonnes par jour », détaille Ajoy Shaw. Avec le soutien technique du viticulteur californien Kerry Damskey, les premières plantations ont eu lieu en 1996 et la première récolte en 1999.

Pas vraiment considéré comme un produit de luxe, le vin est plutôt un produit «tendance»

Sula Vineyard possède un peu plus de 120 hectares dont plus de la moitié est cultivée. 80 autres hectares sont cultivés par des vignerons sous contrat. Si les volumes sont limités, l’éventail des produits est large : rouges, rosés, blancs, effervescents… « La diversité des sols nous permet de cultiver des cépages comme le Cabernet, le Shiraz, le Sauvignon, le Chenin, etc. », explique le viticulteur.
En fin de semaine, plus d’une centaine de personnes, en provenance de Mumbai ou de Pune se presse à Nasik pour déguster les vins. En semaine, une moyenne de 80 personnes goûte au jeune Sauvignon, au Chenin blanc, très fruité, ou encore au Bluch Zinfandel qui possède un petit goût de fraise.

« Il faut éduquer le palais indien »

Pas vraiment considéré comme un produit de luxe, le vin est plutôt un produit « tendance ». « Nous sommes encore jeunes. Pour l’instant, c’est un peu une curiosité et il faut éduquer le palais indien » analyse Ajoy Shaw. Les producteurs comptent sur le tourisme car partout, on construit des hôtels et la consommation de vin explose littéralement dans les régions touristiques.

Par ailleurs, dans les films où les actrices ne buvaient pas il y a dix ans, on voit aujourd’hui des femmes avec un verre de vin à la main, les alcools forts restant l’apanage des hommes. C’est un coup de pouce non négligeable car ces actrices sont adulées et imitées par une grande partie de la population.
Enfin, les religions ne semblent pas constituer un obstacle : « Les hindous peuvent boire et les musulmans se révèlent être de bons consommateurs ».

L’entreprise Sula Vineyards pense donc rentrer en bourse prochainement mais sait qu’elle doit aussi se préparer à une concurrence plus agressive : « Suite à notre succès, quinze vignerons se sont installés dans la région, dont un Français », raconte Ajoy Shaw. Et si la main-d’œuvre est meilleur marché en Inde, il faut tenir compte de l’importation très couteuse des machines.

Pour l’instant, 90 % de la production est écoulée en Inde. Les exports qui se développent en direction de la France, de l’Angleterre et des USA sont freinés par des taxes douanières qui préservent, encore un temps, les vieux pays du vin d’un déferlement du breuvage indien. Maigre consolation pour les Occidentaux, les bouteilles sont toujours fabriquées à Saint-Gobain, en France. 

Sula Vineyards : www.sulawines.com

> Article dans le magazine TEM Bombay, p66-67 (PDF)

Classé dans :Bombay 2006 , , ,

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